Spiritualité: 5 amalgames et 3 caractéristiques


le sens de la spiritualité


La question qui résume la spiritualité est, peut-on passer à côté de cette dimension dans nos vies ?


La réponse étant un non catégorique ! pour peu qu’on se mette d’accord sur ce que l’on désigne comme tel. Notre existence même est axée sur cette dimension. Là, apparait selon moi la première définition ou plutôt la première caractéristique qu’on peut lui donner. En effet, toute l’histoire de l’humanité et même bien avant, se résume à cela.


Les 5 amalgames

  • À chaque fois que j’emploie ce mot j’essaie autant que possible de l’éloigner de certains termes. Parmi lesquels, religion, Dieu, foi, etc. Il ne faudrait à aucun moment la réduire à ces aspects.


Quand on parle de Dieu en matière de spiritualité, c’est un mot que l’on emploie pour désigner ce qui à jamais est inconnu. En tant que telles, les réductions auxquelles cette expression a été sujette dans ce domaine ne sauraient être conservées quand on vient avec l’ouverture nécessaire à la spiritualité.


De même la foi et la religion ne sont que des outils (comme je le détaillerais plus tard dans un de mes livres à venir).


Pour définir la spiritualité, il s’agira comme tu vois, de surtout éliminer ce qui est superflu quand on en parle. Il s’agit surtout de dire ce qui ne l’est pas de manière exclusive.


  • Le sens de la spiritualité est souvent confondu dans le lot avec le spiritualisme. Cette confusion est souvent due à la ressemblance qu’il y a entre ces deux termes. Mais au-delà du langage, il décrit une approche qui a également tendance à être adoptée.


Ceci n’est pas l’erreur des gens que j’appellerais abusivement « normaux » 😂. Mais cela est l’erreur classique du chercheur spirituel. Quand il a compris qu’il doit se mettre à la quête d’une autre fraction de sa réalité, il a tendance à la magnifier quitte à dédaigner celle terrestre.



On le retrouve assez souvent également chez les religieux pour qui cette vie n’est qu’un passage qu’il faut au maximum éviter pour obtenir le paradis (quoique cette approche soit contraire à ce que prônent les textes, c’est souvent ce qui se passe en l’individu).


Les preuves pour appuyer ce fait sont légion. Il s’agit là d’un détachement très partiel, qui suppose un attachement projeté dans une autre dimension. Ce qui fait passer à côté de l’objet initial du détachement.


Pour cette approche, j’hésite à employer le terme « spiritualisme ». Car ce n’est pas tellement l’esprit qu’on magnifie, mais une autre version de soi-même. Alors que dans le cas du chercheur c’est bien une autre réalité de lui-même qu’il cherche dans la vie présente.


Dans un cas, il se néglige pour la conscience et dans un autre il se néglige pour une autre vie. Le même terme ne peut pas être appliqué à ces deux. Le même terme ne peut pas être appliqué à ces deux.


Aussi, dans le langage courant, on tend à magnifier cette autre réalité de nous, occultant par là le fait que tout ce qui est provient de la même source.


Le corps disparaîtra certes, mais où retournera-t-il alors ? La finalité est un retour à une autre réalité non différenciée.


Cependant, ce que l’on vit actuellement est aussi une expression d’elle. Ce que je veux dire par là c’est que tout provient de Dieu (si d’aucuns veulent le désigner comme tel, mais certainement que je reviendrais au terme « Dieu » dans d’autres articles), et que tout est lui.


L’extrême que constitue le spiritualisme a son importance dans un monde matérialiste pour rééquilibrer la balance. Je le souligne souvent dans « périples conscience », mais la finalité est de renouer avec les deux composantes de nous-mêmes.



Au mieux, le spiritualisme est une étape incluse dans la spiritualité et qui est nécessaire dans le contexte actuel qui a découlé de l’histoire spirituelle (je parle de cette histoire dans ce que mon fils éveillé m’a dit).


  • Je détaillerais point par point les confusions à ne pas faire quand on parle de religion plus tard. Mais en attendant, voyons une autre dérive courante. Il arrive assez souvent que l’on confonde du fait de la ressemblance apparente des mots qu’elles utilisent, la spiritualité avec la philosophie.


Ce que je dis souvent et que d’ailleurs un ami m’a répété récemment d’une certaine façon, c’est que la spiritualité peut inclure la philosophie, mais que le contraire n’est pas possible.


Certaines approches philosophiques, pour ne pas dire la plupart, sortent du cadre typiquement spirituel. Surtout quand elles ont tendance à mettre en œuvre le processus mental de façon excessive en usant d’étiquettes pour parler de liberté et d’autres concepts du genre.


Loin de moi l’intention de condamner tous les philosophes. Je parle ici, seulement d’une tendance. Il y’a d’ailleurs des philosophes de notre époque que j’écoute avec beaucoup de plaisir et dans les mots desquels je me retrouve totalement.


Mais la tendance à notre époque est que ce soit un domaine qui demande de l’expertise et des diplômes, alors que l’on sait que ces derniers ne sont souvent là que pour exprimer un certain nombre d’années à apprendre des choses.


Alors qu’on ne peut apprendre à aucun esprit à penser librement. Quand on essaie de le faire, on n’arrive qu’à lui imposer de nouvelles limites qui lui donneront l’impression d’être libre.


  • Parlant encore des confusions à ne pas faire. Souvent pour ceux qui ne sont pas familiers au terme, il semblerait que cette expression ait une connotation sectaire.


Surtout lorsque l’on emploie certains termes comme « illumination, éveil, etc. ». Le sens de ces termes a été employé en effet et dévoyé par certaines pratiques. Je reviendrai probablement plus tard dans les généralités de notre introduction à la spiritualité.


  • Finalement il semblerait qu'elle ai également pour certains une connotation avec le maraboutage et autres pratiques du genre.


ce dernier cas étant particulièrement porté par les pratiquants eux-mêmes qui brandissent le mot "spiritualité" pour désigner leurs pages internet diverses (réseaux sociaux et sites).




Laissons Edgar Morin nous faire un bref résumé 😂




Les 3 caractéristiques


La spiritualité doit obéir à un certain nombre de caractéristiques selon moi. Celles-ci ne sont pas des définitions, mais juste un avis basé sur mon expérience personnelle.


  • Avant tout, elle doit être libre. Tout ce que j’ai dit jusque là avait pour but en quelque sorte d’établir cette liberté. Mais ce n'est là que celle de l’environnement. Cependant, dans l’homme même, il faut qu’il y ait une certaine liberté qui ne signifie pas nécessairement « libération » dans le sens de réalisation, illumination, éveil, etc.


Mais une liberté qui attise la curiosité. Tant que l’Homme est un chercheur, peu importe là où il en est, il réalisera un jour ou l’autre son but spirituel. C’est essentiel parce qu’on a créé un certain nombre de systèmes qui constituent des sortes de prisons quand on tombe dedans.


Je citerais en exemple la philosophie et la religion. Dans le domaine de la philosophie, quand c’est le mental qui élabore le système, représentant selon lui la solution à tous les problèmes, il se trouve borné et incapable de sonder de nouveaux horizons. Là est compromise la liberté dont je parle.


Il s’agit d’être libre de ses propres idées et concepts avant tout. Le second exemple est la religion. Quand l’homme a l’impression d’avoir en main la religion qui lui a été léguée par Dieu comme moyen ultime pour le libérer, il se borne à cela et là aussi sa liberté est compromise, car il cesse d’être un chercheur.



Ne jamais avoir l’impression d’avoir trouvé afin de le demeurer. Car ce que l’on est censé trouver, jamais on ne le mentalisera, parce qu’il ne peut être contenu dans une pensée. Il s’agira donc de rester un chercheur jusqu’à ce que se réalise ce silence qui dit tout dans un mutisme.


  • En second lieu, la spiritualité doit toujours inclure. Ceci n’est possible que si la première caractéristique est à l’œuvre. Car l’envie d’aller voir ce qui se passe ailleurs ne frôle jamais l’esprit de celui qui pense détenir la solution ultime.


Le chercheur doit donc se libérer d’abord de ses carcans et ainsi dans son mouvement naturel qui voit en chaque chose un potentiel outil spirituel, il croisera sur son chemin pas mal d’autres dont la combinaison lui permettra de réaliser sa quête.


Chaque outil spirituel forgera un aspect particulier de la quête du chercheur. Alors il faut avoir l’ouverture pour en expérimenter le plus possible. Car en la matière, la richesse de l’expérience est une arme redoutable contre l’inconscience. Les particularités de chaque variante de chaque type d’outil constituent une aide qu’il ne faut pas renier à priori.


  • En troisième position je dirais, inclure les opposés. Je te conseille mon livre « périples de la conscience » si tu veux en savoir plus sur ce que j’entends par là. Inclure les opposés, parce que ce que je désignais tantôt par moyen spirituel comprend souvent des aspects que l’on peut voir comme des obstacles. D’ailleurs c’est souvent ces apparents obstacles qui sont les meilleurs moyens spirituels.


Inclure les opposés c’est également accepter quand c’est le cas, qu’il y ai des échecs. Il faut s’y attendre. Il y en aura bien plus que des victoires. C’est une caractéristique de la spiritualité qui demande de la ténacité de la part du chercheur. Il ne faut pas négliger cet aspect, mais bien s’armer d’une volonté inébranlable quand on s’apprête à prendre les choses en main.



Conclusions


Maintenant qu’on a terminé avec cela, revenons un instant aux diverses composantes que j’ai soulignées dès le départ. Afin qu’on ne se quitte pas sur un malentendu 😂. Alors je disais qu’il ne fallait pas confondre ou réduire la spiritualité à la religion entre autres. Mais ce que je dirais ici surtout, c’est que la religion est un outil spirituel quand il est bien utilisé.


L’objectif ne sera jamais de la condamner, mais de se concentrer surtout sur les aspects qui en mon sens font qu’on s’éloigne de son but premier. Donc si tu lis mes posts à venir, concernant ce thème garde cela à l’esprit. Je dirais souvent ce qui constitue le superflu afin que l’outil soit des plus efficaces.


De même, je ne condamne pas la philosophie. Car il est bien indispensable même si on la réduit à la composante très logique du mental. Il demeure que face à certaines dérives elle est bien utile. En plus de cela, certains ont pu trouver la véritable liberté de la pensée dont elle se réclame et de ce fait sont plus des maitres spirituels que des philosophes.


Le tout est de savoir soi-même faire la part. et ne pas tomber dans l’excès qui est de donner tout de suite toutes les entrées dans son esprit sans restriction à celui qui nous présente ses diplômes de philosophes, comme il ne faut pas non plus tomber dans l’autre excès qui est de tout de suite lui fermer la porte pour les mêmes raisons.


Je rappelle aussi avant de terminer que pour ce qui est du spiritualisme je le trouve bien utile quoiqu’il n’exprime pas la spiritualité dans sa totalité. Il est bien utile pour les raisons que j’ai déjà citées plus haut, mais aussi parce qu’on imagine bien un monde de paix, si tous renouons avec cette quête. Ça fausserait peut-être l’expérience présente, mais ne la rendra certainement pas plus catastrophique que ce qu’il en parait maintenant.


Et enfin pour ce qui est des sectes. Il faut connaître l’histoire de chaque secte. Souvent dans l’histoire leur origine avait une raison (de survie par exemple). Si leurs descendants veulent garder de cette façon leur mémoire, il n’y a rien à leur reprocher. Car elles ne sont en aucun cas différentes des religions. Dans ce cas aussi il faudra procéder au cas par cas. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut faire attention à ce que le sens de la spiritualité ne dérive jamais vers des pratiques sectaires.



Alors pour résumer ce que j’ai dit jusque là. Je t’ai d’abord entrainé dans un petit détour, afin d’exclure des aspects qui peuvent constituer des superflus lorsqu’on parle de spiritualité. L’ayant débarré de cela, on a tenté vaguement d’en donner quelques caractéristiques qui ne sauraient la définir. Puis finalement, on est revenu pour inclure certains de ses aspects qu’on pouvait avoir l’impression en lisant les premières parties que j’excluais totalement.


On est tous sur des voies spirituelles, le chercheur est celui qui choisit de le faire consciemment. À la question, qu’est-ce que la spiritualité ? On peut dire que c’est l’histoire de la vie, ou de la conscience, de Dieu, etc.


J’essaie de parler dans ce début de généralités afin qu’on sache tous d’où l’on va 😂. Je vais m’y attarder pendant quelques articles de plus avant de commencer vraiment à parler de ce que je prévois pour cette section. Il reste de belles choses à découvrir. Alors, n’oublie pas de te connecter sur la page pour ne rien rater 😉


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© 2020 par Bidiga A. Bassiti